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NON À L’ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE AVEC L’INDONÉSIE Une plantation d’huile de palme à proximité directe d’une portion de forêt tropicale intacte. (Image: @ Arcus Foundation / Kike Arnal) Full view

NON À L’ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE AVEC L’INDONÉSIE

PanEco recommande de voter «Non» à l’accord de libre-échange entre les États membres de l’AELE et l’Indonésie lors de la prochaine votation du 7 Mars 2021.

Nous soutenons le comité référendaire «Stop huile de palme» dans leur tentative de stopper l’accord de libre-échange entre la Suisse et les autres États membres de l’AELE et l’Indonésie. Si l’accord est ratifié, nous craignons que la réduction des droits de douane n’entraine une augmentation des importations d’huile de palme d’Indonésie – au détriment de la forêt tropicale et sous prétexte de durabilité écologique.

L’accord de libre-échange soumet l’importation d’huile de palme au respect de conditions en matière de durabilité. L’inclusion d’une telle disposition dans l’accord doit être reconnue comme grande victoire, car c’est la première fois que la Suisse lie directement l’octroi de concessions douanières au respect de normes de fabrication. C’est une approche innovatrice qui a un grand potentiel. Le problème qui se pose est cependant celui de l’implémentation de ces normes, car les certificats qui seront utilisés n’assurent ni la durabilité écologique ni la pérennité sociale.

Dans l’accord, les dispositions relatives au développement durable sont surtout liées au label de certification RSPO. En tant que Fondation PanEco, nous avons quitté la Table ronde sur l’huile de palme (RSPO) en 2016 déjà. Depuis sa création il y a 18 ans, la RSPO n’est pas parvenue à faire honneur à son nom. Actuellement, il n’y a pas de filières socialement et écologiquement durables en Indonésie qui soient certifiées de manière fiables. La durabilité est ainsi garantie sur papier, mais la réalité est bien différente. Il manque des mécanismes de contrôle et de sanctions efficaces. Le Conseil fédéral n’a pas saisi l’occasion d’introduire de tels mécanismes dans le présent accord. Il cède la garantie de durabilité à la RSPO ainsi qu’au secteur privé.

La production d’huile de palme à large échelle en Indonésie détruit non seulement la forêt tropicale et l’espace de vie d’animaux menacés comme les orangs-outans, mais elle chasse également la population locale et encourage le travail des enfants et le travail forcé. C’est pour toutes ces raisons que nous vous recommandons de glisser un «Non» à l’accord de libre-échange dans les urnes le 7 mars.

> Remarque: un blog détaillé sur le sujet suivra sous peu.
> Fiche d’information: Contenu et lacunes institutionnelles de la RSPO
> Actualité : La Fondation PanEco quitte la RSPO