Qui sont les « quatre grands » des forêts tropicales de Sumatra ?

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Brigitte Spillmann, notre primatologue et responsable du programme SOCP, a rédigé un article sur les « quatre grands » des forêts tropicales de Sumatra. Elle y explique les fortes interactions écologiques des écosystèmes et met en évidence l'importance de ces quatre mammifères pour la forêt tropicale.

Qui sont les « quatre grands » des forêts tropicales de Sumatra ?

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Brigitte Spillmann, notre primatologue et responsable du programme SOCP, a rédigé un article sur les « quatre grands » des forêts tropicales de Sumatra. Elle y explique les fortes interactions écologiques des écosystèmes et met en évidence l'importance de ces quatre mammifères pour la forêt tropicale.

Lors d’un dîner entre amis, on s’est demandé quelles seraient les conséquences de la disparition des orangs-outans des forêts tropicales. Il s’agissait bien sûr d’une question purement hypothétique car la disparition des orangs-outans sauvages et d’autres espèces animales est étroitement liée à la perte de leur habitat, la forêt tropicale.

Quelles seraient les conséquences si les orangs-outans disparaîssaient ?

C’est uniquement dans l’écosystème de Leuser, la plus grande forêt tropicale humide de Sumatra, que l’orang-outan cohabite encore avec l’éléphant de Sumatra, le rhinocéros et le tigre. On appelle ces mammifères emblématiques les « quatre grands ». Ces quatre espèces sont, selon la Liste rouge de l’UICN, menacées d’extinction. Les « quatre grands » sont donc des ambassadeurs majeurs pour la protection des espèces et des habitats, ils jouent aussi un rôle central pour la stabilité de l’écosystème de la forêt tropicale.

En effet les « quatre grands » remplissent des fonctions essentielles à différents niveaux de la chaîne alimentaire et dans les principaux processus écologiques. L’orang-outan de Sumatra transporte et disperse les graines sur de longues distances et de vastes espaces, il joue donc un rôle déterminant dans la régénération de la forêt. Son absence empêcherait la dispersion de nombreuses espèces d’arbres à gros fruits et réduirait alors la diversité structurelle et fonctionnelle de la forêt.

L’éléphant de Sumatra figure sur la Liste rouge des espèces menacées d’extinction.

L’éléphant de Sumatra joue le rôle d’« ingénieur écologique ». Lui aussi disperse des graines, mais il crée aussi des clairières dans la forêt touffue et contribue fortement à la dynamique de la zone et à la biodiversité de la forêt tropicale. Le rhinocéros de Sumatra se nourrit dans le sous-bois. Sans son broutage le sous-bois se densifie, cela empêche quasiment les jeunes pousses de sortir de terre et la structure de la forêt s’en trouve modifiée.

En broutant le sous-bois, le rhinocéros de Sumatra joue un rôle essentiel dans l’écosystème de la forêt tropicale.

Le tigre de Sumatra, seul prédateur non herbivore, est un superprédateur jouant un rôle primordial dans la régulation des populations d’herbivores comme le cerf sambar, les muntjacs et les sangliers. Sans lui, il y aurait une surpopulation d’ongulés qui brouteraient beaucoup trop de jeunes pousses.

En chassant également les grands ongulés, le tigre de Sumatra empêche les cerfs ou les sangliers de brouter intensément les jeunes pousses.

La disparition des « quatre grands » modifierait la croissance des plantes et la structure de la forêt, réduirait les ressources disponibles pour d’autres espèces et nuirait à la diversité des plantes ainsi qu’à celle des micro-organismes. La forêt tropicale s’appauvrirait structurellement et deviendrait alors plus vulnérable aux incendies, aux périodes de sécheresse et aux espèces envahissantes. Pour assurer une protection complète et à long terme des écosystèmes précieux, nous mettons tout en œuvre.

« Que ce soit dans les forêts tropicales lointaines ou dans notre propre environnement, les écosystèmes ont une valeur inestimable. Les « quatre grands » nous le rappellent ! »

Brigitte Spillmann, responsable du programme en Indonésie

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