
« Toutes les initiatives que j’ai lancées en Indonésie visent à aider les orangs-outans, à protéger leur habitat, la forêt tropicale humide, et à développer l’éducation environnementale, un outil essentiel pour la protection de la nature et de l’environnement. »
Regina Frey, fondatrice de PanEco
1973 – Le début
Regina Frey, biologiste fraîchement diplômée, se rend à Sumatra pour le compte de la Société zoologique de Francfort et du WWF International. Elle doit mettre en place, à la lisière du parc national de Leuser et en collaboration avec Monica Borner, un centre de réintroduction dans la nature destiné aux orangs-outans sauvés d’une captivité illégale. Elle avait rédigé auparavant son mémoire de fin d’études sur les chevreuils du plateau suisse sous la direction du Dr Fred Kurt à l’Institut de recherche sur la faune sauvage. Un séjour d’un an était prévu – il a duré dix ans. Pour la fondatrice de PanEco, la mission de départ s’est transformée en une tâche de toute une vie et représente ainsi une base solide de la fondation. Cette vocation continue toujours à animer notre fondatrice. Ces dix ans ont permis à Regina Frey de développer une compréhension approfondie des orangs-outans et de leur habitat tout en consolidant ses connaissances sur la culture, la langue et la société indonésienne. Parallèlement, un précieux réseau s’est constitué, qui soutient encore aujourd’hui notre travail et que la fondation ne cesse d’enrichir.

1978 – L’éducation à l’environnement en est la clé
Au cours de son travail au centre de réintroduction près de Bukit Lawang, à Sumatra, on a bien compris qu’une protection durable de la forêt tropicale était absolument impossible sans éducation environnementale. Pour Regina, qui avait grandi à la campagne, se contenter de lutter contre les symptômes en libérant les orangs-outans de la captivité illégale, en les soignant et en les réintroduisant dans la nature n’était pas suffisant. Elle voulait s’attaquer aux causes. C’est ainsi qu’est née la vision d’un centre d’éducation environnementale où l’on donne de manière détaillée et accessible à tous des explications complètes sur les menaces de l’écosystème de la forêt tropicale et les causes de sa destruction.
Le rêve d’un centre d’éducation environnementale
La recherche d’un terrain adapté à la réalisation d’un centre d’éducation s’est avérée loin d’être simple. Ce n’est qu’en 1983 qu’il a été possible d’acquérir à un prix intéressant, près de la métropole de Surabaya, une parcelle de cinq hectares où le rêve longtemps attendu d’un centre d’éducation environnementale (abréviation en indonésien : PPLH) est devenu réalité. Pour en assurer la gestion, Regina a créé, avec des personnes animées des mêmes convictions, une fondation locale tandis que le financement du PPLH Seloliman a été pris en charge par le WWF. Le prince Bernhard, époux de la reine Juliana des Pays-Bas et président du WWF International, s’est rendu sur place pour l’inauguration officielle le 15 mai 1990.

Agriculture biologique et formation
Pour le projet Seloliman, Regina a pu compter sur la collaboration active d’Ursula Güdemann, pionnière de l’horticulture biologique. Ensemble, elles trouvent une douzaine de jeunes familles d’agriculteurs issues des villages environnants et intéressées par l’agriculture biologique. Parmi ces familles, on recrute ensuite la première équipe du PPLH Seloliman . Ursula se rend alors régulièrement à l’est de Java pour conseiller l’équipe dans la planification du site. Une forêt tropicale miniature ainsi qu’un jardin de plantes médicinales, de légumes et de fruits y voit le jour. Ursula a formé une douzaine d’agriculteurs locaux à l’agriculture biologique, au compostage également, et a mis en place une banque de graines pour des variétés traditionnelles de riz. À partir de 1996, le PPLH continue à se développer sous la direction d’Ahmed (Pak) Suroso.

Le PPLH Seloliman aujourd’hui
Sur le site du PPLH Seloliman et de ses jardins biologiques, 90 écoles et groupes d’entreprise ont été accueillis en 2025. Le site a reçu jusqu’ici 20 000 visiteurs en tout et proposé un large éventail d’activités. Des hébergements adaptés sont disponibles pour les groupes importants comptant souvent plus de 100 écoliers ou adultes. Le restaurant, doté d’une cuisine modeste, propose aux nombreux visiteurs de délicieux plats locaux préparés à partir d’ingrédients provenant de son propre jardin et des fermes environnantes. Des groupes de touristes indonésiens et internationaux visitent Seloliman et profitent de ses jardins paisibles. Le PPLH Seloliman élabore à présent, en collaboration avec PanEco, un plan de développement qui permet au centre d’éducation environnementale de cibler plus précisément ses objectifs et de les atteindre.




Photos à regarder dans le sens des aiguilles d’une montre : Pak Suroso fait visiter la serre à des touristes, un hébergement collectif pouvant accueillir une cinquantaine de personnes, un bungalow pour deux personnes et une agricultrice, fière de participer au projet, en train de présenter ses plants.
